Tous les reportages du blog Coupés du Monde en Afrique du sud en 1 clic

Retrouvez sur cette carte interactive l’ensemble des posts du blog et revivez l’itinéraire des 77 jours de l’aventure Coupés du monde.

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Epi(b)logue : pourquoi je veux être journaliste…

17 250e kilomètre. Aéroport de Cape Town. Ici s’achève mon chemin en Afrique du sud. Le magique « Scatterlings of Africa » de Johnny Clegg qui jaillit de la radio s’interrompt subitement quand je coupe le contact. Direction le terminal d’embarquement B. Ma porte de sortie de la nation arc-en-ciel.

Je me revois à mon arrivée à Jo’burg, 77 jours plus tôt, avec ma grosse valise et mes idées reçues sur le pays. Des panneaux indiquaient le décompte avant l’ouverture de la Coupe du monde. Je revois cet aéroport bondé, ces couleurs, cette excitation ambiante.

Plus rien ne sera jamais pareil pour Themba

Malgré les pancartes Coca Cola encore présentes, l’aéroport du Cap est nettement moins euphorique ce matin. Retour à la vie normale ? Pas vraiment. J’ai le sentiment que plus rien ne sera comme avant en Afrique du sud. C’est mon sentiment. Je ne prétends pas dire vrai. Je prétends dire ce que je vois. Comme j’ai toujours voulu le faire dans ce blog.

Ce que j’ai vu ce matin, c’est Themba, un porteur de bagages. Themba passait ses journées à « fumer des joints » dans sa chambre.  Il a découvert un jour que l’aéroport recherchait des porteurs pour la Coupe du monde. Themba a déposé son CV et a été pris.

Il me montre la photo sur son badge. « Ce n’est pas moi, sourit-il, c’est la personne que j’étais avant ! ». Themba travaille aujourd’hui 7 jours sur 7 de 6h à 18h. « J’ai arrêté la drogue, je veux faire quelque chose de ma vie ». Themba rêve d’un hôtel à Maputo, la capitale du Mozambique. Pour l’heure, il économise tout ce qu’il gagne. « L’argent que j’ai sur mon compte, c’est ma confiance, dit-il en me regardant fixement, c’est ce que je suis ».

Une nation plurielle

Des histoires pleines d’optimisme comme celle de Themba, l’Afrique du sud en regorge. D’autant plus après la Coupe du monde. Pour autant, la partie est loin d’être gagnée pour la nation arc-en-ciel tellement les défis qui l’attendent sont énormes (inégalités sociales, sous-emploi de masse, xénophobie envers les immigrés des pays voisins, sida…).

L’Afrique du sud est aussi riche que complexe. Plus j’ai découvert ce pays et moins j’ai semblé le comprendre. Un véritable royaume des paradoxes. Une multitude de mondes en un seul pays. Je revois encore le sourire radieux et les yeux lumineux de ce vieux Sud-Africain quand je lui ai acheté un gâteau à 6 rands (60 centimes d’euro) qu’il ne pouvait s’offrir, il y a quelques jours au Cap. A 30 mètres, se trouvait l’un des plus luxueux hôtels de la ville…

Le compte vide mais le cœur gros

Je remercie Themba. Je remercie tous les Themba que j’ai rencontrés durant ces 2 mois et demi. Je les remercie de m’avoir parlé de leur vie. Je les remercie de m’avoir tant remis en question, de m’avoir tant appris, de m’avoir tant enrichi.

Ce matin, au Cap, je pars avec ma grosse valise mais sans mes idées reçues du début. Je pars riche. Riche de mes rencontres avec André, Nicolas, Glenn, Wessel, Marshall… Riche de ces moments uniques vécus comme lors de la première mi-temps Afrique du sud- France à Bloemfontein, comme lors du carnaval pré-Coupe du monde au Cap, comme lors de cette coupe de Cap Classique à Franschoek avec Jean-Philippe… Riche de ces histoires insolites comme ce journaliste sud-africain qui accepte que je l’interview à condition que je sois un partisan de José Bové ou encore ces policiers du Lesotho qui ne m’ont laissé passer la frontière qu’en échange de mes (fausses) lunettes de soleil ! Indéniablement -même avec 4 000 euros en moins sur mon compte !, je suis plus riche aujourd’hui.

Riche des autres

Et c’est pour cela que je veux « devenir » journaliste. Pour devenir riche des autres. Et partager cette richesse avec les lecteurs. Etre journaliste, ce n’est pas vivre la vie des autres, c’est vivre mille vies à la fois. Vivre au plus près des autres et écrire au plus près de la vérité du regard.

C’est pour cette raison que j’ai essayé dans ce blog d’avoir l’écriture la plus intuitive possible. C’est aussi pour cette raison que je n’ai programmé que très peu de reportages à l’avance. Une sorte de journalisme au feeling des journées.  Un journalisme de chances, de hasards, de moments sur le vif. Plus que jamais indépendant.

J’espère avoir réussi à vous faire partager au moins une partie du plaisir que j’ai pris à écrire sur ce blog durant ces deux mois et demi. Je vous dis, qui sait, à bientôt pour de nouvelles aventures ? La Nouvelle-Zélande organise la prochaine Coupe du monde de rugby en 2011 paraît-il…

 

Remerciements :

Un grand merci pour leur aide et la confiance qu’ils m’ont accordé, à L’Express.fr et Eric Mettout, Marc Coucourde et le dispositif Envies d’Agir, Claske Dijkema, Jean-Marc Huissoud, Jean Lindner et ses colocs, Tugdual Rabreau, Aurélien Bernard (jeune entrepreneur vendéen de talent), Olivier Atlante, « Ti Dè » (commentatrice la plus assidue du blog). Je n’oublie pas non plus toutes les personnes interviewées pour leur disponibilité et, la plupart du temps, leur gentillesse. Enfin, des remerciements tous spéciaux à ma famille, mes amis et Claire pour leur soutien sans faille.

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La Coupe du monde joue les prolongations en Afrique

Pete Fleming, le fondateur de Kick4Life, à Maseru la capitale du Lesotho. Où comment le football peut servir à lutter contre le sida.

L’empreinte de la première Coupe du monde organisée sur le sol africain sera-t-elle indélébile ? Vraisemblablement.

Déjà, l’événement a changé la mentalité des Sud-Africains, qui ont pris de conscience d’une réalité : la nation arc-en-ciel est capable. « On l’a organisée et on l’a bien organisée », s’enthousiasmait le président Jacob Zuma au lendemain de la victoire espagnole à Soccer City.  Avant de lancer, plein d’optimisme, un autre défi pour son pays : les Jeux Olympiques de 2020 (au Cap ou plus probablement à Durban) ! L’appétit vient en mangeant…

L’autre conséquence de la Coupe du monde, liée à la précédente, est indéniablement l’élan de fierté national suscité. Sur les ondes sud-africaines, une expression est revenue avec insistance durant toute la compétition: « Proudly South African » (fièrement Sud-Africain).

Une phrase que m’a confiée une petite grand-mère quelques jours après la finale pourrait parfaitement résumer ce sentiment. « Dans ma vie, il y aura a eu deux moments phares : la libération de Mandela et la Coupe du monde ».

Mais cette dernière n’aura pas seulement des répercussions dans les têtes sud-africaines. Dans le sillon de la Coupe du monde, poussent en effet des centres de football financés par la Fifa par le biais de son programme Football for Hope.

Lancé en 2005, ce mouvement soutient différentes associations du monde entier qui associent football et développement social. Ce sont d’ailleurs ces mêmes associations qui se sont retrouvées dans un township de Jo’burg, durant la Coupe du monde, pour un grand tournoi intitulé Festival Football for Hope.

Profitant de cette première sur le sol africain, la fédération internationale a démarré sa campagne « 20 centres pour 2010 », 20 centres de football qui permettront d’améliorer l’éducation et les services de santé pour des enfants défavorisés en Afrique.

Premier en date à sortir de terre, celui de Khayelitsha, le plus grand township du Cap, en décembre 2009. Depuis, 5 autres ont vu le jour en Namibie, au Ghana, au Mali et au Rwanda.

Le prochain sera celui de Maseru, la capitale du Lesotho, dont la première pierre sera posée en septembre prochain. Une échéance qui réjouit d’avance Pete Fleming, le co-fondateur de Kick4Life, l’association qui utilisera l’équipement.

« On a prévu d’y construire, en plus du terrain de football, une salle de classe, des logements et une pièce pour effectuer des tests de séropositivité », explique cet anglais de 29 ans en les yeux rivés sur  le terrain vague où se situera le centre.

Comme l’association de Khayelitsha, Kick4Life se sert du football pour sensibiliser au risque du sida les enfants du Lesotho, un des pays les touchés au monde par ce fléau (23% de la population contaminée).  Avec le centre, cette ONG va pouvoir multiplier les tests.

« 85% des enfants que nous voyons l’effectuent pour la première fois, m’apprend Pete, et la plupart pense déjà avoir le sida. C’est comme un nouveau départ pour eux quand on leur dit que ce n’est pas le cas ! » Un nouveau départ en même temps qu’un choc psychologique. « Ils prennent conscience à ce moment là des dangers de la maladie et changent leur comportement en conséquence», renchérit le dynamique Pete.

Ouverture de l’enceinte de Kick4Life prévue pour mars 2011, tandis que le reste des 20 centres seront mis en service en 2012. Un héritage tangible et durable pour essayer de résoudre les problèmes sociaux du continent que le coup de vent de la Coupe du monde n’aura pas pu balayer.

« Si on a réussi à organiser un tel événement, on devrait être capable de répondre à d’autres défis comme la pauvreté ou le sida », me confiait ce Sud-Africain optimiste dans les rues de Jo’burg il y a quelques jours. L’Afrique n’a joué que la première mi-temps de sa Coupe du monde.

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L’Afrique du sud en une photo

Par avance, veuillez m’excuser pour la médiocre qualité audio du commentaire. Quelques petits soucis de logiciel de montage…

Les Tours de Sandton City face au township de Johannesburg

PS: le lien vers l’article du Festival Football for Hope ici.

http://www.dailymotion.com/embed/video/xe9t27
Les tours de Sandton City face au township… par CoupesduMonde

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Il faut sauver le pingouin africain !

Alerte à Cap Saint Francis. Ce n’est pas le remake sud-africain de la série californienne aux maillots de bain rouges et aux généreuses formes, mais la réalité. L’état d’urgence est déclaré… pour le pingouin africain !

Un chiffre pour s’en convaincre. Le pingouin africain est la deuxième espèce, parmi les 70 que compte l’oiseau, la plus menacée de disparition. Un autre chiffre ? « Dans 7 ans, soit on arrive à les sauver, soit l’espèce s’éteint ! », s’inquiète Trudi Malan, une journaliste freelance très impliquée pour la sauvegarde de l’espèce.

90 pingouins en moins par semaine

J’ai rencontré Trudi au Cap Saint Francis, un petit bout du monde à une trentaine de kilomètres de Jeffreys Bay, au centre de réhabilitation de Penguins-Eastern Cape. Elle y est bénévole depuis plus de 5 ans. Et ce matin, Trudi a le sourire : elle vient de remettre en liberté 30 pingouins. « En espérant qu’ils ne nous reviennent pas trop vite ! », ironise-t-elle.

La situation est des plus préoccupantes. La population actuelle de l’unique pingouin qui vit en Afrique est estimée à 70 000 adultes. Une hécatombe quand on pense qu’il y en avait plus de 200 000 dans les années 1970 et 1,45 millions au début du XXe siècle.

« Il faut d’autant plus agir que c’est l’Homme qui est en partie responsable de ce déclin », assure Trudi. Ses méfaits? Usage du Guano, dont les pingouins se servent pour couver, comme d’un engrais, collecte des œufs pour la consommation, surpêche et pollution des océans.

A cela, il faut aussi ajouter que la population des pingouins d’Afrique est concentrée dans de petites zones géographiques  et est donc très vulnérable aux catastrophes comme les marées noires.

« Les problèmes sociaux passent en priorité »

Le sujet avait déjà alerté, il y a plus de 20 ans, le vétérinaire de Jeffreys Bay Dave Hartley, qui avait pris le problème à bras le corps. Mais des moyens n’ont vraiment été débloqué qu’en 2006 avec la construction du centre de Cap Saint Francis (il en existe aussi un à Port Elizabeth et un autre, le plus grand, à Cape Town).

« Il y a tellement de problèmes sociaux à résoudre avant dans le pays qu’on ne fait pas partie des priorités », lance pleine de réalisme Trudi. Comment faire alors pour trouver des fonds ? « On prie!, rie-t-elle, avant de reprendre plus sérieusement, on doit se montrer créatif ».

Pour pallier l’absence de fonds publics, Penguins-Eastern Cape a en effet ouvert un petit magasin à côté du centre –ouvert pour la visite aux touristes, tandis que des tirelires en boite de conserve ont été déposées dans chaque commerce des environs. Sans compter l’aide des surfers locaux, très sensibles aux problématiques liées à l’océan. « Kelly Slater vient nous rendre visite chaque année d’ailleurs », annonce fièrement Trudi.

Des pingouins aveugles : du jamais vu !

De l’argent, il va en falloir : depuis son ouverture, le centre accueille –malheureusement- de plus en plus de pensionnaires. 74, la première année, 249 l’an passé. « La plupart viennent sous-alimentés ou blessés car ils se battent pour avoir le peu de nourriture qu’il reste avec la surpêche », explique Trudi.

Sans oublier les nouveaux cas. « On n’avait jamais vu cela par le passé : on vient d’avoir 5 cas de pingouins aveugles en deux ans », s’étonne-t-elle, atour de deux d’entres-eux (qui répondent aux noms donnés pour l’occasion de Steevie et de Wonder !)

Un espoir ?

En plus de secourir les pingouins, le centre a aussi un pôle recherche, notamment pour comprendre certaines de ces maladies nouvelles.

Actuellement, les recherches se concentrent sur la délimitation d’une zone idéale, en face du centre, pour établir et réimplanter une colonie. Ce qui serait une première. Car, petite note optimiste tout de même, le pingouin d’Afrique est une des espèces les plus robustes et qui s’habituent le mieux à un nouvel environnement. L’opération de la dernière chance ?

En tout cas, avant mon départ, je profite de l’occasion pour caresser le dos râpeux de Steevie. En espérant seulement que ce geste ne sera pas classé dans la catégorie des antiquités dans 7 ans.

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Quand le surf œuvre pour le Mandela Day

Dimanche 18 juin. Ce matin, à la radio, tout le monde ne parle que du 92ème anniversaire de Nelson Mandela, Tata (« père » en Xhosa) de la nation arc-en-ciel, et de la journée internationale –reconnue par les Nations-Unies– qui lui est consacré. Une journée où chaque personne dans le monde doit œuvrer pour sa communauté ; consacrer 67 minutes de son temps aux autres en symbole des 67 années passées par Madiba à lutter contre l’injustice.

Il y en a qui plantent des arbres, qui distribuent de la soupe aux plus démunis, qui vont aider dans des maisons de retraire, qui font des gâteaux à leur grand-mère (ce que m’a confié un petit Sud-Africain hier matin)…

A Jeffreys Bay (dit J-Bay), à 60 km à l’ouest de Port Elisabeth (pardon Nelson Mandela Bay, son nouveau nom), Jordy Smith, lui, a décidé d’apporter sa contribution en amenant de la joie et de la fierté à une communauté un peu particulière : celle de Supertubes, LA vague sud-africaine.

Originaire de Durban, Jordy Smith est en effet un surfer. Pas n’importe lequel : le nouveau numéro 1 mondial ! A 22 ans seulement, il s’est permis le luxe, la veille, de chiper la couronne au roi incontesté de la discipline, Kelly Slater.

Mais ce 18 juin, si les vuvuzelas ont déserté les stades pour venir mettre l’ambiance sur la plage de J-Bay, c’est pour une autre raison : Jordy est en finale du Billabong Pro J-Bay 2010, la 4e étape de la Coupe du monde de surf.

Tous les grands étaient de la partie : Kelly Slater, Taj Burrow, Mick Fanning (cela vous parle ?!). Mais aujourd’hui, les deux finalistes à l’eau sont Jordy Smith donc et l’Australien Adam Melling.

La plage est blanche de monde. On pourrait être en Californie ou dans le sud de la France que cela serait pareil. Ah non, il y a les vuvuzelas pour nous rappeler que nous sommes encore en Afrique !

A l’eau, on assiste à des rollers d’exception sur les vagues qui déroulent à la perfection. Sur le bord, le spectacle n’est pas mal non plus. Style défilé printemps – été de tignasses blondes surmontées de casquettes aux couleurs douteuses (pardon flashys), agrémentés de larges shorts vert pomme (oui la saison semble être au vert pomme) et d’imposantes lunettes de soleil qui s’apparentent parfois plus à des « masques » de soleil…

Par-dessus le grondement de la houle, les paroles du speaker, entrecoupées par Jack Johnson, Red Hot Chilli Pepper et autres Guns ‘n Roses. Sous un soleil de plomb (on est en hiver ici je vous rappelle), Jordy fait monter un peu plus la température en « envoyant » deux gros scores d’entrée : 8,90 et 9,03 (sur 10). C’est dans la poche.

En sortant de l’eau, le jeune surfer au dossard rouge brandit les bras au ciel : pour sa troisième saison sur le circuit pro, il vient de remporter sa première épreuve majeure, qui plus est, chez lui, le lendemain de son accession à la première place mondiale.

Serait-ce encore un miracle de Mandela, le Madiba Magic comme on dit en Afrique du sud?

PS : et vous, qu’avez-vous fait pour le Mandela Day ?

Retrouvez plus de photos de vagues, de sables et de surf sur le groupe Facebook Coupés du monde (c’est gratuit et sans engagement !)

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Daktari, de la fiction à la réalité

« Ici, c’est la ferme célébrité en Afrique sans les célébrités ! » Elle ne manque pas d’humour Michèle, une Normande pleine d’enthousiasme que l’on retrouve au beau milieu du bush sud-africain, dans l’orphelinat pour animaux sauvages de Daktari.

Sans les célébrités et sans les projecteurs non plus. A quelques encablures du parc national du Kruger, le centre n’est en effet pas raccordé au réseau électrique. Trop loin donc trop couteux. Ici, l’énergie vient du soleil et d’un générateur d’appoint.

Un petit bout du monde dont rêvaient depuis leur enfance Michèle et Ian, le couple gestionnaire de Daktari. « Petite, je ne jouais pas avec des poupées mais avec des zèbres en plastique », se souvient l’originaire de Flers dans l’Orne.

Des passionnés de la série TV

Rien ne les prédestinait pourtant à se rencontrer. Michèle était en France, Ian au Zimbabwe, déjà dans le bush. Rien ? Pas tout à fait. Enfants, les deux étaient des passionnés de la série (dont les plus jeunes lecteurs ne se souviennent sûrement pas, moi y-compris) Daktari, l’histoire d’un vétérinaire qui soigne des animaux sauvages au Kenya. « C’est ça que je veux faire plus tard », se disaient-ils devant leur télévision chacun de leur côté…

C’est pourtant dans l’hôtellerie que l’on retrouve Michèle quelques années plus tard. La jeune fillette éprise de nature et d’animaux sauvages a bien changé. Manager dans un hôtel Formule 1, Michèle ne vit plus que pour le travail, le travail et le travail !

Le destin voudra pourtant qu’elle rencontre son futur mari en Afrique du sud… pendant ses vacances. Attention, vacances pour Michèle cela veut dire inspection des hôtels sur place pour mieux pouvoir s’en inspirer à son retour en France !

Une autre vie

Sauf que cette fois-ci, ce n’est pas l’hôtel de la réserve qui attire son attention mais bien le ranger qui y travaille.  Michèle tombe sous le charme. Du ranger et de la nature.

Après une grosse remise en question, elle prend finalement un virage à 180° : Michèle plaque tout et part en Afrique du sud réaliser son rêve d’enfant ! Nos jeunes mariés ouvrent alors un restaurant afin d’amasser suffisamment d’argent pour fonder Daktari. Et en 2006, le rêve devient enfin réalité !

Dure réalité aux premières heures… C’est bien beau de sauver les animaux sauvages mais il faut bien que Michèle et Ian trouvent des ressources pour vivre eux aussi ! Leur vient alors une idée géniale : faire venir des écoliers des environs afin de les sensibiliser à leur environnement au contact des animaux du centre. Un concept unique en son genre.

La nature comme génératrice d’opportunités professionnelles

« Il y a un énorme déficit en terme d’éducation au respect de la nature chez les Sud-Africains, explique Ian, ils n’ont plus d’animaux dans leur village car ils les ont tous tués ! ». « Il faut bien qu’ils comprennent que malheureusement les touristes ne viennent pas pour eux mais pour les animaux sauvages », ajoute Michèle.

Ainsi, chaque semaine, 8 enfants viennent passer 5 jours à Daktari pour s’occuper des bêtes de l’orphelinat. Sans oublier les leçons théoriques (anglais, biologie, mathématiques) et les fondamentaux (politesse, sensibilisation aux méfaits de la drogue, éducation à une sexualité sans risque). Le moment phare de la semaine étant bien entendu la visite des coulisses d’un lodge dans une grande réserve naturelle. « Ils habitent à côté mais ils n’y ont jamais mis les pieds car cela coûte trop cher», me révèle Michèle.

Objectif: voir les opportunités de travail générées grâce au tourisme et… aux animaux sauvages. A voir les yeux émerveillés des bambins tout au long de la visite, il semblerait que cela produise son effet. « Qui veut travailler dans une réserve plus tard ? » sur la route du retour. Toutes les petites mains se lèvent d’un coup…

Pour encadrer les enfants (et aussi s’occuper des animaux), Daktari fait appel à des volontaires qui paient leur séjour (environ 1 000 euros le mois, nourri et logé) et qui permettent ainsi au centre de subvenir à ses besoins.

9 000 enfants accueillis

Des volontaires –filles en majorité, venus du monde entier pour une expérience unique. A l’image de Catherine, une parisienne de 32 ans, à Daktari depuis un mois et demi. « J’ai décidé de prendre une année sabbatique pour faire une pause dans mon travail et prendre du temps pour les autres », raconte-t-elle. Un passage qui lui a incontestablement ouvert les yeux. Pas sûr qu’elle continue dans la pub à son retour à Paris…

Ah, Daktari, cette petite utopie coupée du monde où chacun trouve son compte : Michèle et Ian, les enfants, les volontaires, les animaux… On se croirait plutôt dans la Petite maison dans la prairie !

Un Big Five à Daktari

« On a accueilli depuis le début plus de 9 000 enfants et plus de 1 000 volontaires », annonce fièrement Ian. Mais le travail est encore long. « Il faudrait aussi sensibiliser les parents », projette Michèle qui réfléchit  à des moyens pour faire des réunions dans les villages.

Pour l’heure, cependant, la préoccupation majeure de l’orphelinat est l’arrivée récente d’un léopard. Un bon coup marketing pour Daktari : l’animal est une star ! Une renommée dont se serait pourtant bien passée Michèle: Shiloweni (c’est son nom) s’est rendu célèbre car il ne craint pas l’homme ! Admirez par vous-même…

Des autruches, des porc-épic, des hiboux, un aigle, une genette, un gualapago et maintenant Shiloweni… la ferme n’est plus vraiment sans célébrité !

Retrouvez plus de photos sur les curieux animaux de Daktari sur le groupe Facebook Coupés du monde.

Si vous êtes intéressés pour devenir volontaire, effectuer une donation ou sponsoriser un animal (30 euros par mois pour les ânes par exemple), c’est ici.

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